Musique profane

Cependant, parallèlement à l'évolution de la polyphonie, la monodie a trouvé, dans le domaine profane, un prolongement très fécond à travers les chansons véhiculées par les poètes musiciens que sont :


- Les TROUBADOURS qui apparaissent dans le sud de la France dès la seconde moitié du XIe siècle (en occitan, trobar : trouver). On peut recenser aujourd'hui plus de 400 noms parmi lesquels on peut citer : Guillaume IX (+ 1127) duc d'Aquitaine et comte de Poitiers; Jaufré Rudel (+ 1150); Bernart (ou Bernard) de Ventadour (+ 1195); Raimbaut de Vaqueiras (+ 1207) ; Guiraut Riquier (+ 1298).


- Les TROUVERES qui sillonnent le nord de la Loire (où l'on parle la langue d'Oïl) un siècle plus tard. Nous en connaissons plus de 600 qui ont laissé 2000 mélodies et 4000 poèmes (au moins... ). Parmi les plus célèbres, on peut citer : Chrétien de Troyes (+ 1180) ; Richard Coeur de Lion (+ 1199) ; Conon de Béthune (+ 1219) ; Colin Muset (+ 1250) ; Thibaud de Champagne (+ 1258).


- Les MINNESANGER en Allemagne, à partir de 1150 et jusqu'au début du 14e siècle. Leur poésie, de style aristocratique, s'exprime en Moyen Haut Allemand, comme celle des Goliards.


- Les MEISTERSINGER leur succèdent à partir du 14e siècle. Ce sont des artisans qui organisent des Ecoles de chant en Allemagne, Autriche, Alsace, Bohème. Le plus célèbre d'entre eux est Hans SACHS (1494-1576), cordonnier de Nuremberg. Richard Wagner le fait revivre dans son opéra "Les Maîtres chanteurs de Nuremberg" (1868).






Dotés d'une solide culture acquise dans les abbayes, les troubadours et les trouvères qui appartiennent généralement aux classes aisées ou nobles confient progressivement leurs chansons et poèmes aux jongleurs et ménestrels qui les colportent aux "quatre coins" du pays. Ces chansons, souvent d'inspiration lyrique chez les troubadours ("chanson courtoise"), guerrière chez les trouvères (thèmes des chevaliers partis pour les croisades...), étaient aussi associées aux épisodes et événements de la vie de tous les jours (danses pour les fêtes, célébration de mariages, de funérailles, des corporations, des travaux des champs, de la gloire de Dieu... ).

Le développement de cette musique profane allait atteindre son apogée vers 1200 et se propager en Italie, Espagne jusqu'en Hongrie avant de décroître à la fin du XIIIè. Ce déclin coïncidait avec celui de la chevalerie mais également avec l'essor de la polyphonie.


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